Pour fluidifier les chances d’accès aux salons, l’État lance ParcoursTech

Utilisée depuis des années comme outil pour candidater à des salons, la plateforme Admission Post-Prototype (APP) prend aujourd’hui sa retraite. La raison : une nouvelle politique plus orientée #StartupNation qui veut rééquilibrer le jeu et permettre aux startups un accès plus équitable à des salons tech de plus en plus pris d’assaut.

Emblématiques du monde des startups, de nombreux salons ont lieu chaque année et permettent aux futures licornes en puissance de présenter leur vision et leur MVP à un public d’investisseurs, de journalistes, d’élus et de technophiles en tous genres. L’enjeu principal : la visibilité. « Les salons comme VivaTech ou le CES c’est vraiment l’occasion de rentrer un max de biz et de faire du networking à haut niveau ! C’est un game changer pour ma startup. Cette année le Président de la République est venu à VivaTech, et on me voit sur un de ses selfies ! », s’enthousiasme Saïd Le Floch, porteur de projet innovant.

Malheureusement, la compétition est rude pour les startups qui sont parfois bien en peine d’obtenir une accréditation exposant dans ce genre de salons. Émeline Hervouet, une ancienne organisatrice, nous confie : « Chaque année on devait faire face à des milliers de candidatures pour une petite centaine de places. On avait industrialisé le process en s’inspirant des modes opératoires de gestion et attribution d’espaces du secteur du jeu vidéo (ndlr : Tetris), mais ça ne suffisait pas ! APP a été un énorme progrès, amélioré encore avec le tout nouveau ParcoursTech ! »

Lancé pour organiser cette sélection au niveau national et garantir des chances équitables pour chaque startup, APP a fait son temps et a été remisé par le gouvernement au profit d’un nouveau système nommé ParcoursTech. Si les startups sont toujours classées en fonctions de leurs metrics, elles ne sont plus forcées de trier par ordre de préférence les salons auxquels elles postulent et peuvent choisir de refuser un salon qui a accepté leur candidature si elles pensent pouvoir en obtenir un meilleur.

Les places libres sont ainsi attribuées aux startups les plus méritantes et les plus en phase avec les philosophies des différents salons. Noumir Jahmoubi, secrétaire d’État aux startups se réjouit de la démarche : « Avec ce nouveau système, le gouvernement récompense de manière plus juste les startups les plus trendy et incite les autres à se dépasser au quotidien. Pour asseoir la crédibilité de ParcoursTech, nous avons rendu son code source disponible à tous ! »

Édouard Mosca, étudiant-entreprenneur, n’est cependant pas de cet avis : « ParcoursTech c’est de la poudre aux yeux. Le système est opaque comme jamais et à l’heure où je vous parle ce sont plus de 30 000 startups qui ne sont pas sûres d’avoir une affectation et dont la levée de fonds est compromise. » Des experts indépendants interrogés sur Twitter déclarent en effet ne pas avoir réussi à étudier le code source de ParcoursTech, celui-ci étant distribué dans un fichier « enregistré avec une très ancienne version d’Excel ».

Loin de se laisser abattre, le gouvernement est déjà en train de plancher sur une adaptation de ParcoursTech pour le système éducatif qui, espérons-le, rencontrera le même succès. Affaire à suivre.