Enquête : Peut-on obtenir un CIR avec un CTO docteur en Psychologie et pas en IA ?

S’associer avec un docteur est une bonne idée sur papier surtout quand il s’agit de demander un Crédit d’Impôt Recherche (CIR). Encore faut-il choisir le bon docteur, ou devenir le bon docteur et se spécialiser en Intelligence Artificielle. Enquête auprès des acteurs qui font et donnent de la superbe à l’IA aujourd’hui.

Le drame se produit lorsque le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche, et de l’Innovation demande plus d’éléments concernant le rescrit CIR de 2019 de la startup Ouatislove spécialisée en textiles à énergie verte. Théophile De Porschedude demande les documents à son associé recruté lors d’un apéro AdopteUnNerd chez NUMA Paris. En effet, le chercheur spécialisé en IA qui dirige les équipes R&D depuis 3 ans a fourni le document intitulé Doctorat2014.pdf au courtier en subvention startup mandaté. Lorsque celui-ci l’a reçu, il a tout de suite averti son client : « L’important pour le rescrit CIR, c’est de faire progresser l’état de l’art dans le domaine concerné. Sinon il faut demander le CII. Mais cela remet en question le JEI et toute la stratégie de sécurisation fiscale » explique l’expert de Kangourou Conseil.

Jérôme Stefuza, le CTO s’estime abusé par les organismes de formations qui l’ont amené ici. Il a suivi un Boot Camp en Data Science de 3 mois en ligne avec la prestigieuse académie de Stanford. Ensuite il a décidé de faire une validation des acquis par l’expérience (VAE) pour obtenir un Master en Data Analyse appliquée aux management des organisations en cours du soir dans une université Parisienne. Pour finir, il s’est lancé dans un projet de doctorat tutoré avec pour thèse « Les algorithmes sont-ils plus performants que les humains dans les RHs ? ». Plébiscité par le Jury, il a tout de suite accroché au projet proposé par Théophile. « L’utilisation de l’IA pour détecter les électrons issus des énergies nucléaires est très intelligente. C’est particulièrement compact, cela permet de l’embarquer dans n’importe quel tissu ! C’est un principe très fiable inspiré de la mémoire de l’eau. ».

Le Dr Laurent Alexandre, expert en IA, est connu pour ses prises de position polémiques sur le sujet : « Facebook c’est bleu, Twitter c’est bleu, cela montre qu’il y a une connivence des algorithmes, derrière tout ça » déclarait-il récemment sur le plateau de CNEWS. Il a été pris à parti récemment sur le sujet, parce qu’il serait Docteur en chirurgie urologique et ça n’aurait rien à voir avec le sujet. Il a déclaré à la presse spécialisée : « Et j’ai aussi fait l’ENA et Doctissimo, mais ça ne fait pas de moi un expert en IA peut-être ? C’est pas comme l’autre dont la formation n’est pas Datadockée ». DataDock parlons-en. Il y a apparemment plus de chances d’attraper la Grippe que de voir la qualité d’un parcours de formation contrôlé. Elisabeth Borne interrogée sur le sujet sur le plateau télévisé de BFM a déclaré « Avec Qualiopi, tout sera beaucoup plus clair pour le cadre salarié de startup qui veut utiliser son compte CPF pour se former à l’IA. ». En effet, la nouvelle marque change tout. La précédente marque DataDock était portée par plus de 70 000 organismes de formation qui proposaient des formations certifiantes n’étant ni contrôlées, ni certifiées. Elle ajoute : “C’est vraiment disruptif ! Le site du CPF va devenir une place de marché de la desintermediation en plus d’un portefeuille.”

Luc Julia, le créateur de Siri, rappelle qu’il faut « raison garder ». D’une part parce que « l’ensemble des théories et des techniques sont mises en œuvre pour réaliser des machines capables de simuler l’intelligence » et donc, cela se rapproche plus de « l’art et de l’artifice que de la science exacte ». Il rappelle donc qu’avoir fait MatSup n’aide pas du tout à créer des agents conversationnels agréables. « Par contre, moi je suis allé en boîte de nuit, et je me suis rendu compte que je comprenais rien. J’ai appris à Siri à faire des blagues quand il a pas compris, j’ai appelé ça l’effet boite de nuit ». Jérôme est un adepte du Silencio, il connaît très bien le principe et il utilise Siri depuis 2009 !

Le débat reste cependant ouvert ! Théophile espère ne pas être trop confronté par son Adivsory Board. Ses investisseurs étant des fonds de capital risque bénéficiant d’avantages fiscaux pour investir dans l’innovation, ils pourraient activer leurs clauses de retrait s’il était établi que la société n’était pas innovante. Maître Dupont Moruti avocat des fondateurs est quand même confiant : « c’est une clause qui est abusive, c’est pas du tout market-practice ». Contacté par la rédaction pour réagir à cette prise de parole, Guillaume Rozier, le fondateur de CovidTracker n’a pas souhaité répondre à nos questions : “Je suis DataScientist, ça n’a rien à voir.” a-t-il sobrement répliqué par email.