Avec le “co-traversing”, il souhaite industrialiser la traversée de rue pour les demandeurs d’emplois

Fraîchement diplômé d’un cursus en Ingénierie des Systèmes Complexes, Rodolphe Spinelli était en recherche active d’emploi jusqu’à cette révélation : il suffit de traverser la rue pour obtenir un emploi. Déjà fasciné par le “co-walking”, Rodolphe a su se créer lui-même sa propre opportunité en développant le concept de “co-traversing”.

Inscrit à Pôle Emploi depuis juin 2018 après avoir obtenu son diplôme en Ingénierie des Systèmes Complexes, Rodolphe Spinelli s’est très vite retrouvé confronté à la dure réalité du marché : “J’ai envoyé des dizaines de CV et lettres de motivation pour devenir Responsable R&D dans un des fleurons de l’industrie technologique du territoire français. Mais cela n’a jamais abouti”. Jusqu’à ce qu’une déclaration du Président de la République Emmanuel Macron ne lui ouvre les yeux : “Il me suffisait de traverser la rue pour demander au café, à l’hôtel, au restaurant ou au bar d’en face si je pouvais travailler. J’ai compris qu’il fallait commencer bas et ne pas avoir peur d’avoir de l’ambition !” s’écrie-t-il.

Mais l’expérience s’est avérée décevante pour Rodolphe. Après avoir traversé la rue à plusieurs reprises, il n’a pas trouvé d’emploi : “ J’ai traversé la rue tout seul mais cela restait compliqué de trouver un emploi” soupire-t-il. C’est à cet instant précis qu’intervient le deuxième déclic : “J’avais lu un article sur le co-walking et la démarche m’avait passionnée” s’amuse-t-il. Face à l’incapacité des demandeurs d’emplois à consolider une démarche de traversée de rue suffisamment structurante, Rodolphe a développé le concept de “co-traversing” pour industrialiser et faciliter la recherche d’emplois des jeunes diplômés.

Actuellement en plein POC avec le Lab Pôle Emploi, Rodolphe a pu expérimenter quelques co-traversing en région parisienne : “Je sens beaucoup plus d’enthousiasme à traverser la rue maintenant ! Sauf quand la signalisation routière vient dynamiter notre initiative et coupe le groupe des co-traverseurs en deux. C’est un vrai déchirement à chaque fois”. Côté résultats, Rodolphe est mitigé : “On a réussi à créer quelques discussions mais ça devient vite n’importe quoi puisque tout le monde parle en même temps.” regrette-t-il.

Quant aux professionnels des secteurs visés, ils restent prudents sur l’efficacité réelle de la pratique, désormais baptisée “ traversing ” (ndlr : traverser la rue), comme en témoigne Gilles Bigeard, patron de café : “Oui on manque de personnel, mais de personnel qualifié. On a besoin de gens opérationnels tout de suite et c’est pas parce qu’ils ont BAC+5 qu’ils connaissent déjà toutes les ficelles du métier. Faut les former les jeunes et ya pas marqué “école” là” dit-il en tirant un trait horizontal avec son index sur son front.