Coronavirus : les incubateurs dans le viseur du Ministère de la Santé

Conséquence inattendue du Coronavirus pour l’univers startup et numérique : plusieurs incubateurs ont été sommés de fermer leurs portes par le Ministère de la Santé pour éviter le développement, la mutation et la propagation du virus. Retour sur une décision contestée.

Aux grands maux, les grands remèdes. C’est une véritable cacophonie qui s’est emparée de la Startup Nation ce jeudi 5 mars. En cause, l’annonce d’Olivier Véran, récemment arrivé à la tête du Ministère de la Santé, qui a déclaré vouloir fermer les incubateurs de France : “En fermant les incubateurs, nous limitons les opportunités d’incubation du virus. C’est pourtant simple à comprendre” a-t-il affirmé pendant sa conférence de presse.

Entre paranoïa et confusion, cette annonce a fait réagir jusque dans les rangs du gouvernement. Si Cédric O, secrétaire d’État en charge du numérique, soutient publiquement le ministre de la santé en invoquant “une simple maladresse lexicale”, il ne cache pas son agacement à son entourage : “Et puis quoi ? Pour lutter contre le chômage on va fermier les chaumières aussi ?” aurait-il déclaré à l’un de ses conseillers. Alors que le Ministère de la Santé tente de justifier cette décision en publiant des infographies faisant le lien entre les incubateurs et l’incubation du virus sur Twitter, Cédric O se veut rassurant envers l’écosystème : “On fait de la pédagogie auprès du ministère mais c’est long”.

Du côté des incubateurs, la nouvelle a été vécue comme une douche froide. C’est dans les locaux, désormais déserts, de The Family que nous retrouvons Alice Zagury, CEO de l’entreprise. Entre deux soupirs d’exaspération, Alice Zagury préfère y voir une opportunité : “Au moins on pourra faire un événement pour la réouverture.” Quant aux startups incubées elles se sont rapidement organisées pour trouver des alternatives à l’instar de Yassine Bellessa, CEO et co-fondateur de Vyziweeg, startup incubée chez Techstars Paris : “Du coup on regarde Koudetat à la place, ça fait bien le job en fait.”