Pour négocier le virage du numérique, une entreprise rebaptise sa DSI en “LAB innovation”

Porté par les impératifs de la transformation numérique, Bertrand Faucheux a pris la décision radicale de rebaptiser un service entier pour moderniser son entreprise. Entre véritables bouleversements et simple effet d’annonce, Bertrand nous explique sa décision.

C’est un véritable coup de maître que Bertrand Faucheux vient d’opérer. Ce directeur d’une entreprise de BTP toulousaine employant 1000 personnes a décidé de prendre la transformation numérique par les cornes : “On n’en pouvait plus des injonctions à se moderniser ”, se souvient Bertrand, “alors qu’il suffisait juste de changer notre DSI en LAB Innovation”.

Derrière ce changement, une décision unilatéralement collégiale “J’ai fait brainstormer le top management de l’entreprise pour leur présenter mon idée. Ils ont trouvé ça génial” explique-t-il non sans une pointe de fierté. Avec cette décision, une volonté, celle de changer la perception de son entreprise : “DSI, ça faisait vraiment archaïque, sans lien direct avec le numérique” raconte Bertrand. “Alors que LAB Innovation… Il y a “innovation” dans le nom, c’est difficile de faire mieux !” s’exclame-t-il.

À l’origine de cette idée, un constat : l’entreprise de Bertrand ne séduit plus “On perdait presque tous nos appels d’offres”. En cause, des réponses pas assez novatrices et des propositions jugées trop terre-à-terre. “Pendant les soutenances, il y avait des silences gênés quand on expliquait que c’était notre DSI qui pilotait l’innovation” ajoute-t-il.

Quand on pose la question des changements et implications pour la DSI, la réponse de Bertrand Faucheux est directe : “Aucun ! C’est ça qui est génial ! C’est le vrai twist de l’opération. La DSI est devenue Chief Digital Officer (CDO, ndlr), le responsable informatique, Chief Innovation Officer et c’est tout” avant de nuancer avec quelques changements côté équipements et régime alimentaire : “On a acheté des post-it, des feutres et des paperboards. On a aussi demandé aux responsables du LAB de se nourrir exclusivement de produits Feed. le midi. Sauf le vendredi, c’est pizza pour toute l’équipe”.

Côté résultats, Bertrand s’estime satisfait de la démarche : “La perception du marché est bonne. On a augmenté les commandes de 10% depuis ce changement”. Quand à l’avenir : “Je pense que la prochaine étape, ce sera de lancer un programme d’Open Innovation. Ça a l’air de bien fonctionner aussi”.