Toulouse : Une équipe de rugby se présente par erreur à un Hackathon

Le Hackaton organisé au Quai des Savoirs de Toulouse au début du mois d’octobre a pris une tournure inédite lorsqu’une équipe complète de rugby amateur s’est rendue à l’événement pensant participer à un concours de Haka. Récit.

À 26 ans et du haut de ses 2 mètres 03, Malik Lesguer a de quoi en imposer. C’est pourtant un jeune abattu par la déception qui se présente devant nous : “Avec mon équipe on s’est préparés comme des dingues pendant un mois. Mais au final ça n’a servi à rien”. À l’origine de sa déception, une incompréhension du concept de Hackathon : “Quand on a vu passer l’événement sur Facebook, on pensait que c’était un marathon relai de Haka.”

L’équipe amateure, séduite par le concept s’est alors lancée le défi d’inventer son propre Haka pour représenter leur club lors d’un événement “de portée internationale” comme écrit sur le descriptif : “On voulait vraiment porter haut et fièrement les couleurs du Rugby Coqueroupéen (ndlr : Habitants de Rouperroux-le-Coquet, commune de Sarthe).” Un mois d’entraînement intensif plus tard, le travail de la chorégraphie et du cardio avaient porté leurs fruits : “L’équipe était prête” affirme Malik.

Mais une fois sur place, les joueurs ont vite déchanté : “On cherchait désespérément des rugbymen, mais on ne voyait que des gens écrire des choses incompréhensibles sur des ordinateurs.” Jusqu’à ce que ses yeux ne s’arrêtent sur le nom de l’événement écrit sur un kakémono : “Hackathon. Avec “ck”, et pas un “k” pas comme dans “haka”. C’est là que j’ai compris.”

Mais Malik n’est pas homme à se laisser abattre aussi facilement et à renoncer pour autant : “ On a travaillé trop dur avec l’équipe pour abandonner comme ça.” C’est alors que l’équipe a entamé sa chorégraphie devant un public médusé. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu : “Nos gestes et nos cris ont alerté le service de sécurité.” En voyant courir l’agent de sécurité vers lui, Malik l’a instinctivement plaqué, mettant ainsi fin à la danse guerrière préparée par le club amateur Coqueroupéen : “C’est la mémoire musculaire, je n’ai rien pu faire pour m’en empêcher ” regrette-t-il.

Quant à Gabriella Andino, organisatrice de l’événement, elle reconnaît sa part de responsabilité dans cette confusion : “J’ai peut-être mal orthographié “hackathon” sur l’événement Facebook, mais jamais je n’aurais imaginé qu’une équipe de rugby sarthoise viendrait faire un haka pour autant.” Pourtant, elle n’avait pas paniqué en voyant l’équipe arriver sur les lieux : “Il y avait plein de coachs Agile et autre animateurs de groupes de travail dans la salle. J’ai cru que c’était une technique pour galvaniser les foules, j’ai laissé faire.”

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, cet incident a donné une idée à Gabriella : “Je mettrai en place un Ha(c)kathon en marge de chaque Hackathon que j’organiserai désormais. Une sorte de “off” de l’événement.” Une initiative qui a séduit l’équipe de Malik qui ne regrette pas d’avoir été bernée par une faute d’orthographe.